J'en suis d'autant plus fier que les quelques 250 manifestants (dont certains ont été brutalisés par la police-gestapo) sont demeurés très dignes en répliquant aux forces de répression par la résistance passive et pacifique, beaucoup plus efficace dans les circonstances, que des éclats de violence comme on en retrouve lors des manifs anarchistes...ou sportives.
Ceux qui avaient répondu à l'appel du RRQ (et de la SSJB) représentent une relève, un souffle nouveau, dont plusieurs vieux singes s'obstinent à nier l'importance. Ils sont la preuve vivante que la lutte pour l'Indépendance du Québec se poursuit, malgré l'abandon de nombreux baby-boomers qui ont laissé tomber leurs rêves de jeunesse avec leur dignité de Québécois qui refusent de se soumettre aux diktats d'un système basé sur le pouvoir du sang bleu.
Ces manifestants de la nouvelle génération comprennent très bien l'importance des symboles dans une société qui a presque perdu tous ses repères identitaires à force de se faire marteler
que le mondialisme ne saurait s'accommoder des nationalismes, qui sont le ciment de tous les peuples.
Oui, ils étaient beaux à voir nos nouveaux guerriers-patriotes venus dire NON à la monarchie
dans lequel nos élus se complaisent depuis que le Pq a fait élire ses premiers députés, il y a maintenant quarante ans. Quarante années au cours desquelles, faisant fi de toute dignité, ils ont persisté à se soumettre en prêtant le serment d'allégeance et de fidélité à la monarchie royale britannique.
Pas étonnant, dans les circonstances, que nos salariés de la Souveraineté Inc. n'aient pas réagi à l'affront royal de la visite de Charles-le-rat: Ils ont les mains liées par cet odieux serment dans lequel ils se sont engagé à respecter les règles du jeu de l'ennemi atavique.
Duceppe avait beau déclarer "pas de temps à perdre avec ça", mais ça sonnait tellement faux et tellement contre-révolutionnaire ces propos-là que personne n'y croit plus.
Ceci expliquant cela, il n'est pas étonnant de constater que les partis "souverainistes" aient depuis longtemps évacué de leur discours toute référence au système républicain qu'ils devraient défendre s'ils étaient logiques avec leurs grands mots qui ne sont plus que des mots vides de sens. Des mots qui ne touchent plus le coeur des Québécois parce qu'ils sont complètement déconnectés de notre réalité nationale.
Pendant que le journaliste de RDI en bavait tellement il avait hâte de voir la police intervenir et que celui de TVA, demeuré dans le confort de son studio, accusait une heure de retard sur les événements qui se déroulaient juste en face de locaux du journal Le Devoir, les monarchistes venus saluer leur Prince en furent quittes pour constater que leur idole se comportait comme un vulgaire rat de ruelle. Pauvres monarchistes-fédéralistes: Après avoir perdu la reconstitution de la bataille des Plaines (annulée grâce aux interventions du RRQ et de Pierre Falardeau), ils ont encore perdu une autre bataille, mardi 10 novembre, rue de Bleury, à Montréal.
Ces petites victoires d'une jeunesse qui ne veut plus s'en laisser imposer par ceux qui collaborent joyeusement avec le système pourri dans lequel nous vivons, finiront bien par se multiplier et rallumer la flamme chez un peuple qui a encore une fois été méprisé et bafoué par le dernier arrêt de la Cour suprême, qui continue de charcuter allègrement notre loi 101.
Une autre grande bataille se prépare à la suite de ce jugement très politique d'un tribunal devenu l'instrument des gouvernements fédéraux pour mater ces maudits Québécois qui souvent plient genoux, mais jamais n'abandonnent.
Le seul fait de persister à parler en français en cette Amérique du Nord anglophone est déjà un acte de résistance.
Et lorsque cette résistance se réorganise, comme c'est maintenant le cas, tous les espoirs sont permis.
Je lève bien bas mon chapeau devant tous ceux qui se sont tenus debout et qui ont forcé le Prince à se comporter comme le symbole désuet d'une race souveraine en décrépitude.
Pierre Schneider

